Pour ceux qui ont commencé à écouter du métal prog au milieu des années 90, les groupes existant se comptaient sur les doigts de la main d’un mutant, je crois qu’à cette époque là, on définisait encore le genre de “rock progressif plus couillu”. On avait Dream Theater (les Américains), Vanden Plas et Superior (les Allemands) et Eldritch (les italiens). Je prends des raccourcis, mais c’est pour arriver plus vite chez Mère-Grand.
Eldritch était une sorte d’outsider avec un son plus acéré et plus froid (ce n’est pas un forcément négatif, je suis un grand fan d’Annihilator), un chant plus énervé, des pochettes plus moches, des passages à la limite du thrash, qui les amena à changer leurs guitares d’épaule en milieu de carrière en s’orientant vers un thrash avec des teintes de prog. Ce double live (+DVD) souligne justement cette différence, puisque le premier CD est consacré aux quatre derniers albums (les thrash) alors que le second retracera leur parcours prog des trois premières galettes. Ils en profitent pour faire revenir leur claviériste historique, Oleg Smirnoff (ça ne s’invente pas), qui a quitté le groupe en 1998 (il arbore un look à la “Indochine” qui fait penser qu’il est parti pour divergence musicale !).
Les CD
On se rend compte que le mix est assez bon (sans être exceptionnel) ; la basse est présente et l’équilibre général agréable. Mais le chant, comme sur les albums est en retrait. Est-ce une bonne chose ? Je pense que pour deux heures de concert, ce n’est pas une mauvaise idée d’avoir relégué ce hurleur de Terrence Holler derrière !
Le DVD
Il contient exactement le même show, filmé en “semi” pro (les cadreurs dans l’image, le montage au bord de l’épilepsie, les plans inutiles…). La bande son est exactement la même que l’album (stéréo, sans doute en 44,1 MHz aussi). Le disque contient quelques bonus comme un “documentaire” (sans sous-titres… pas de soucis pour l’anglais, mais on y parle aussi italien. Je suis sûr qu’ils disent des trucs marrants…), puis deux “interviews” (au bord de la piscine du chanteur, apparemment juste après le show et quelques litres de bières. Ça fait plus film de vacances qu’autre chose et on peut largement s’en passer), ainsi que trois clips (dont je ne dirai rien, tiens !). En somme, pas de quoi fouetter un chat sur ce disque, mais ça fait plaisir de les voir sur scène.
En résumé
Au final, on se rend compte que les morceaux plus récents (donc dénués de prog) sont vachement plus catchy et concis. On va à l’essentiel et c’est peut-être bien ça qui y est plaisant. On se rend surtout compte que lorsque les claviers sont présents (donc sur les vieux morceaux, si vous avez suivi), ça sonne légèrement cheap, surtout à cause des sonorités qui font plus années 80 que métal prog. Mais ce double live reste tout de même le meilleur best of du groupe avec quelques perles.
Si vous êtes fan, vous serez conquis et content d’avoir un show en DVD. Si vous l’êtes moins, c’est le disque à avoir s’il n’en fallait qu’un du groupe.

