Que dire de plus que “Devin nous étonnera toujours” ? Le physicien du métal, qui ne jure que par un accordage ouvert en Do, nous délivre une nouvelle galette qui n’augure que du bon pour les trois autres à venir (faisant toutes parties d’un vaste concept dont Ki ne serait que “l’apéritif” ; concept qui sur le papier rappelle un peu ce qu’Opeth avait fait avec Damnation et Delivrance, en séparant chacun des aspects de leur musique).
Ki se révèle être le plus doux de la discographie de Devin ; même si son énergie ne transparaît pas en grosses couches de guitares saturées, celle-ci se ressent en intensité avec des montées en puissance digne d’une envie de chier lorsqu’il y a dix personnes devant soi et que celui qui est dans les toilettes semble être décédé depuis quelques temps. On y conserve tout de même les surabondantes réverbes et l’empilage de sons qui font la signature musicale du Canadien. Attention cependant, les guitares électrisées n’ont pas été bannies et apparaissent avec parcimonie (le solo de “Heaven Send”).
Du coup, Devin nous compile ce qu’il sait faire de mieux avec son chant clair (pas que) avec une sorte d’album ambient/prog/metal/pop/rock. Un must have ; espérons que les trois autres tableaux du quadriptyque soit aussi bons.
Un petit morceau par morceau pour ceux qui veulent en savoir plus…
A Monday
Dès le début de ce premier morceau, on sait déjà que cet album ne sera pas comme tous les autres de Devin Townsend. Petite guitare claire, ultra résonnante ; une guitare et déjà des milliers de couches de sons.
Coast
Groove étrange et voix claire Devin a décidé de nous embarquer dès les premières mesures. On pourrait très bien être entrain de longer cette “côte” avec ce morceau à fond dans le poste.
Disruptr
On continue avec les rythmes groovy bizarre. Chant grave psychopathique et growls. Ça s’énerve et on retrouve un peu le Devin qu’on connaît, en plus binaire.
Gato
Encore un morceau groovy. Je ne sais pas où il est allé dénicher ce batteur, mais il n’a pas un jeu “métal”, mais ce n’est pas déplaisant, loin de là. La basse tourne comme une ritournelle. Les refrains sont entêtants, chantés par Ché Dorval, chanteuse de Folk canadienne. Ce morceaux est l’un de mes préférés.
Terminal
Petite balade calme, mais lumineuse.
Heaven Send
Groove rock. Montée en puissance. Putain de solo digne de lui. Refrains entêtants là aussi, aidé par Ché Dorval encore. Point d’orgue de l’album.
Ain’t Never Gonna Win…
Petit groove californien planant instrumental.
Winter
Suite du morceau précédent, mais chanté. Pas grand chose à dire.
Trainfire
Rockabilly à la Townsend. Elvis est revenu. Fun. Les refrains restent du Devin pure souche. La fin dépareille et tant mieux.
Lady Helen
Belle balade.
Ki
Pour le titre éponyme de l’album, les guitares et voix multicouches reviennent (elles n’étaient pas loin, cela dit). Un peu de grosses guitares et du mitraillage de toms (qui se font rares sur cet album) sur la fin.
Quiet Riot
Guitare folk (on aurait presque dit un vieux Dylan s’il n’y avait pas la voix de Townsend). Il y a un côté sixties pas dégueu.
Demon League
Guitare (avec tant de delay qu’on dirait des grillons) et voix. L’album finit aussi simplement qu’il avait commencé. On a juste envie de le remettre et que ce moment ne s’arrête pas.

