Sauter la navigation

Dream Theater, Black Clouds & Silver Linings Roadrunner Records
2009

par airway

Les rois du métal prog sont de retour et, comme d’habitude, ce disque apporte son lot de critiques (surtout des fans hardcore…). On taxe le groupe de s’auto-plagier, d’avoir perdu sa créativité et de n’être devenu qu’une pâle copie de lui-même (je vous assure qu’ils ne parlent pas de Michael Jackson avant sa mort). Certains s’en détourne, d’autres se rallie. Qu’en est-il réellement ?

À vrai dire, on ne sait pas bien ce qu’a voulu accomplir le groupe avec ce disque. Un drôle de mélange de tout ce qu’il savent faire (et on déjà fait diront certains). Mais à bien y écouter ce disque n’est, à mon goût, que ce qu’ils voulaient faire avec Octavarium, une sorte d’hommage à leur carrière en teintant chacun des morceaux de l’esprit de chacun de leurs albums (En effet, Dream Theater souhaitait avec leur huitième album fêter leur vingt ans de carrière et ont essayé de teinter chaque morceau de chacun de leur huit albums. Le plus flagrant étant le morceau “Octavarium”, singeant le concept de l’album Octavarium au sein d’un seul morceau. Vous suivez ?).

Avec ce Black Clouds & Silver Linings, on retrouve un peu ça : “A Nightmare To Remember” ferait parti de Train Of Thought avec son gros métal qui tâche (et sa double grosse caisse), “A Rite Of Passage” irait parfaitement dans Scenes From A Memory avec son penchant oriental à la “Home”, “Wither” pourrait venir des ballades d’Images & Words avec son côté pop californienne hyper léchée, “The Shattered Fortress” dans 6 Degrees Of Inner Turbulence avec son mode déconstruit, “The Best Of Times” a un petit côté Falling Of Infinity et “The Count Of Tuscany” viendrait de l’époque Awake. C’est naturellement beaucoup plus complexe et subtil que ça, mais c’est en gros l’impression que ça me laisse.

De là à en dire que c’est un mauvais album, il n’y a qu’un pas que je m’abstiendrai de faire car je ne pense sincèrement pas que ce soit un mauvais album. Je pense même que certains des morceaux sont des morceaux mythiques et des hymnes en puissance.

Au contraire je trouve que le groupe trouve là un excellent compromis avec leurs divers sons et identités de toutes ces dernières années. Le son est bon et la prod à un petit côté crade qui évite que tout soit trop léché (loin d’un SFAM). On ressent l’influences d’Opeth dans l’agressivité de certains passages et je pousserai même jusqu’à y associer les multiples couches de chœurs “à la Devin Townsend” (“The Count Of Tuscany” par exemple).

C’est sûr qu’on peut leur reprocher de ne plus prendre autant de risque et d’avoir oublié leur côté jazzy dans un coin sombre. Mais j’ai souvent constaté qu’avec DT tout se passait par cycle, et surtout avec un temps de décalage entre l’intention et l’album réalisant cette intention (un concept qu’ils veulent développer est souvent plus abouti dans l’album suivant). Quoi qu’il en soit, Mike Portnoy le disait bien dans les paroles de “Never Enough”, il est extrêmement difficile de satisfaire un fan qui en demande toujours plus.

En plus, depuis que le groupe a signé chez Roadrunner, on ne peut pas dire que le fan a été laissé à l’abandon. Cet album est tout de même sorti en 3 versions différentes : une classique, un édition limitée avec un disque de reprises (je vais y revenir) et un disque des morceaux instrumentaux pour faire du karaoké avec les copains le vendredi soir, avec quelques litres de bière (ou d’eau chaude au miel pour les fans de LaBrie) et une édition collector géante avec en plus les disques en version vinyl, un tapis de souris, des passes pour rencontrer le groupe ou des lithographie de Hugh Syme pour certains chanceux, ainsi qu’un DVD avec des fichiers audio des instruments séparés pour chaque morceau (pour qui veut s’entraîner à jouer de son instrument en enlevant la piste qu’on veut ou pour tout producteur en herbe voulant entendre le son de chacun des membres).

Pour revenir sur le disque de reprises. Le groupe a souhaité reprendre ces morceaux de groupe plus ou moins connu de rock, prog ou hard rock parmi Queen, Journey, Zebra, Dixie Dreg, Iron Maiden ou encore King Crimson. Les reprises sont plus ou moins bien réussies, mais on l’avantage de proposer un bonus pas très courant et de bon aloi.

Pour conclure, cet album de Dream Theater n’est pas leur meilleur, mais c’est tout de même un bon cru, qui comme d’habitude nécessitera plusieurs écoutes pour l’appréhender pleinement. Ceux qui sont saoulé par autant de contraintes, passez votre chemin.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Gravatar
Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Twitter picture

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.